Danses rituelles autour du feu

Mar 25, 2024 | Feu et Pyro


Les danses rituelles


Chaque peuple danse et ce mode d’expression est très révélateur de leur mode de vie. On danse pour honorer les dieux ou les divinités, les ancètres ou les esprits de la forêt. Danser entraine les hommes vers un état de transe qui leur permet d’accéder au monde spirituel. Le corps des danseurs réagit à des stimulations sonores. En répétant inlassablement les mêmes mouvements, l’esprit se détache de la réalité et le corps fait corps avec le rythme de la musique. Qu’ils soient religieux ou profanes, ces rites sont encore pratiqués de nos jours.






Les danses sacrées


Elles sont codifiées et réservées aux initiés. Très répandues dans le monde antique, elles célébraient les rites de passage de l’adolescence à la vie d’adulte, les cérémonies religieuses et les rites funéraires comme au Tibet ou des moines exécutent des danses sacrées, transmettant ainsi les valeurs du bouddhisme.


Afrique de l’Ouest

Le T’bol est une danse initiatique du peuple Bassar, au nord du Togo. Réservée aux jeunes hommes, c’est un rite de passage à l’âge adulte. Il symbolise la force spirituelle et le courage de ceux qui dansent ou marchent sur des braises chaudes. Le T’bol est une danse ancestrale présente sur tout le continent africain. Le rituel se déroule en trois étapes : l’initiation, la danse sur le feu et la divination. Mais seuls les initiés du peuple Bassar, peuvent prédire l’avenir.





Les danses dévotionnelles


Elles célèbrent la nature ou les divinités liées à la Terre. Dans de nombreuses cultures, “Dame Nature” est représentée comme une femme féconde, symbole du renouveau et de la vie. On trouve de nombreuses déesses associées à la fécondité dans la plupart des anciennes croyances.

Sud-ouest de l’Inde

Le Theyyam est une danse rituelle de la région de Kannur dans l’État du Kerala. Appellée aussi la danse des dieux, c’est un rite sacré dont les origines remontent à plus de 1500 ans, lorsque le feu, les animaux, les plantes et les arbres étaient vénérés par les hommes. Aujourd’hui, les divinités hindoues locales font partie de ce rituel codifié qui combine théâtre, musique, danse et transe. Ce sont les prêtres qui désignent celui qui incarnera le dieu Theyyam, généralement un artiste, souvent issu d’une caste modeste. Vêtu d’un costume et d’un gigantesque masque rouge-orangé, il est alors vénéré et considéré comme un dieu vivant par les fidèles.






Les danses extatiques


Né il y a 40 000 ans, sans doctrine ni concept philosophique, le chamanisme unit l’homme au Vivant. Il est à l’origine de l’hindouisme, du bouddhisme, du taoïsme et du christianisme. Il est prouvé que les tambours chamaniques ouvrent l’esprit (le troisième œil) et conduisent à l’état de transe.


Indonésie

Le Kecak Fire est une danse balinaise qui raconte l’histoire de l’une des deux grandes épopées mythologiques de l’hindouisme, celle du héros hindou Râmâyana qui va sauver sa femme enlevée par un démon. Cette danse du feu était à l’origine une danse rituelle de transe, accompagnée d’un chœur d’hommes. Par une percussion vocale complexe, les interprètes vêtus de sarongs à carreaux, imitent les sons de la nature, le choc des armes et le battement régulier du cœur de la terre pendant que les participants sautent ou dansent dans le feu, plongeant le public dans un état extatique.






Les danses magiques


La danse n’a cessé de jouer un rôle important dans les rites religieux ou profanes de l’humanité. La danse revêt alors un aspect spirituel et magique. On danse pour jeter un sort ou pour guérir l’âme.


Afrique du Sud, Botswana, Namibie et Angola

La danse de guérison du peuple San (aussi appelé Bushmen), est l’un des plus anciens et puissants rituels chamaniques d’Afrique australe. Ce rituel ancestral, pratiqué depuis des millénaires, est au centre de leur culture, de leur spiritualité et de leur médecine traditionnelle. Dans les traditions tribales, cette danse est la seule à posséder des pouvoirs magiques. En présence des guérisseurs et des sages du village réunis autour d’un feu, les chamans en état de transe, marchent sur des braises incandescentes et accèdent ainsi au monde des esprits. Les participants dansent en file indienne autour des femmes assises autour d’un feu. Les mouvements répétitifs et le martèlement des pieds des danseurs sur le sol, qui suivent des rythmes polyrythmiques complexes des femmes qui frappent dans leurs mains et entonnent des « chants de pouvoir sacrés», inspirés de cris d’animaux.




Les danses pédagogiques 


C’est un enseignement spirituel et religieux comme en Inde, ou les fakirs (des ascètes soufis) pratiquent la marche sur le feu. En Turquie, les derviches tourneurs (des soufis Mevlevi), tournent sur eux-mêmes pour atteindre un état de transe. Les initiés transmettront à leur tour, les rituels et les danses qui se perpétuent encore de nos jours.

Royaume du Bhoutan

Les danses masquées du festival de Buli ont lieu dans les montagnes de l’Himalaya, entre l’Inde et la Chine. Elles sont précédées d’un grand feu purificateur (le Mewang) ou l’on brûle l’effigie des démons ou des mauvais esprits. Chaque danse a une histoire ou une signification particulière à travers laquelle les bouddhistes transmettent leurs valeurs et leurs croyances spirituelles.





(Photo de couverture : Le Theyyam – La danse des dieux du Sud-Ouest de l’Inde)

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