La danse du feu est une pratique ancestrale qui se perpétue encore aujourd’hui, sous la forme de rituels ou de spectacles. Les chants et les danses traditionnelles racontent l’histoire d’une communauté, d’un village ou d’une région. Il existe une danse pour célébrer chaque évènement important de la vie des hommes, au sein de la communauté.
Afrique
–La danse rituelle de Shango le dieu de la foudre et du tonnerre, est présente dans la culture Yoruba au Bénin et Vodoun au Nigéria, Lors des cérémonies dédiées à la divinité, les initiés entrent en transe au son de tambours. Ils manipulent des torches enflammées ou ingèrent des substances magiques pour cracher ou manipuler le feu sans se brûler.
–La danse du feu des Senufo est une danse rituelle et initiatique, du nord de la Côte d’Ivoire. Il s’agit d’un rite de protection, destiné à éloigner les mauvais sorts, la maladie ou la sécheresse. La maîtrise du feu prouve la force spirituelle des initiés, transmise par leurs ancêtres.
–Le T’bol est une danse initiatique du peuple Bassar, au nord du Togo. Réservée aux jeunes hommes, c’est un rite de passage à l’âge adulte. Il symbolise la force spirituelle et le courage de ceux qui dansent ou marchent sur des braises chaudes.
–Le Limbo consiste à passer sous un bâton enflammé en se penchant en arrière, sans toucher le sol ni le bâton. À chaque passage, le bâton est un peu plus bas. À l’origine, cette danse symbolisait le courage des hommes face aux épreuves de la vie. Originaire de l’Afrique de l’Ouest, elle devient très populaire dans les Caraïbes notamment à Trinité-et-Tobago.


Le T’bol (Togo) et le Limbo (Afrique de l’Ouest)
Bulgarie
Le Nestinarstvo est une danse traditionnelle millénaire, associée au culte de Saint-Constantin et de Sainte-Hélène. Célébré par les chrétiens le 21 mai au son du tambour et de la cornemuse, elle se perpétue encore dans le Sud-Est de la Bulgarie par quelques rares initiés qui dansent sur des braises.


Écosse
Le Festival du feu de Samhuinn a lieu le 31 octobre, le soir d’Halloween. Toute la ville d’Édimbourg s’embrase pour célébrer la fin de l’été avec au programme: des danses rituelles celtiques, des processions, des danseurs et des jongleurs de feu,


Égypte
–Le Raqs Sharqi est apparu dans les cabarets du Caire en 1940 et adapté pour la scène. La danse orientale traditionnelle est une danse improvisée, c’est l’une des plus anciennes au monde. C’est aussi le style le plus répandu.
–Le Chaâbi est une danse traditionnelle marocaine. Populaire et festive, elle est très répandue lors des mariages et des fêtes familiales. De nos jours, il n’est pas rare de voir les danseuses manipuler des accessoires enflammés comme le sabre ou l’épée.
–La danse tribale orientale (ATS® – American Tribal Style®), est née aux États-Unis en 1960. C’est un mélange d’influences musicales du Moyen-Orient, d’Afrique du Nord, d’Inde et d’Espagne. C’est une danse de groupe semi-improvisée ou une danseuse improvise des pas que le groupe reproduit aussitôt.
–La Tribal fusion est une version contemporaine de la danse orientale (1990). Contrairement à la danse tribale, elle permet aux artistes d’interpréter de courtes chorégraphies, en petit groupe ou en solo avec parfois des accessoires enflammés. Les mouvements sont axés sur la rigueur posturale et l’isolation des différentes parties du corps.


La Tribal fusion et le Chaâbi
Inde
–Le Vîra natyam était à l’origine, une danse folklorique en l’honneur du dieu Shiva. Apparue dans l’État d’Andhra Pradesh sur la côte méridionale de l’Inde, cette danse met en scène des hommes manipulant des lances et des tridents enflammés avec une grande précision.
–La Chari dance est une danse folklorique du Rajasthan et du Gujarat. Les femmes portent en équilibre sur leur tête, des pots (chari) en cuivre ou en terre cuite avec du feu, alimenté par des graines de coton imbibées d’huile.
–La Tribal Indian fusion mélange les musiques et les danses traditionnelles et modernes. Les danseuses utilisent des accessoires enflammés dans cette version contemporaine de la danse sacrée indienne, le Bharata Natyam qui utilise le vocabulaire des mains (Hastas).


La Chari Dance (Rajasthan)
Indonésie
La Danse du Feu Kecak (le Kecak Fire) est une danse balinaise traditionnelle qui raconte l’histoire de l’une des deux grandes épopées mythologiques de l’hindouisme, le Râmâyana. Par une percussion vocale complexe, les interprètes vêtus de sarongs à carreaux, imitent les sons de la nature, le choc des armes et le battement régulier du cœur de la terre, plongeant le public dans un état de transe. Les danseurs en cercle autour de brasiers, manipulent le feu au milieu d’une ronde hypnotique.


Kecak Fire (Bali)
Papouasie-Nouvelle-Guinée
–La danse du feu et la marche sur le feu sont des rites initiatiques dans certaines ethnies comme celle du peuple Pa. Strictement réservée aux hommes choisis par les esprits de la nature. On danse pour s’assurer des récoltes abondantes ou célébrer l’entrée des jeunes garçons dans le monde des adultes.
–La danse du feu des Baining est une danse rituelle spectaculaire de la péninsule de la Gazelle. Les hommes fabriquent d’immenses masques en écorce de mûrier avec des motifs anthropomorphes pour incarner les esprits de la forêt et les ancêtres. Vêtus de feuilles, ils bondissent et piétinent les braises ardentes au rytme des chants et des percussions.


La danse du feu des Baining (Papouasie-Nouvelle-Guinée)
Polynésie
–La danse du couteau des îles Samoa, est une danse guerrière traditionnelle. Au fil du temps, les danseurs ont enflammé leurs couteaux à chaque extrémité et se sont mis à jongler avec. Lea magie du feu et les acrobaties ont transformé cet art martial en une discipline culturelle majeure, dans toute la Polynésie.
–la danse du feu, bien qu’originaire des îles Samoa, s’est répandue dans tous les archipels polynésiens (Tahiti, Hawaï…). Les percussions et les danses traditionnelles de chaque île, y sont représentés. Aujourd’hui, la danse du feu est présente dans tous les spectacles de danses traditionnelles.


(Photo de couverture : La danse du feu en Polynésie)
